Dans ce témoignage, Michel Schweri— s’exprimant non pas comme professionnel mais comme citoyen actif et militant de l’éducation populaire — livre une critique profonde de notre modèle de société. Il définit le travail social actuel comme le symptôme d’une « société malade » qu’on se contente trop souvent de « réparer » par l’humanitaire d’urgence (comme la distribution alimentaire).
Son plaidoyer appelle à un changement de paradigme : passer de l’assistance à la politisation des enjeux. Selon lui, le futur du travail social doit se confondre avec celui de l’éducation populaire, visant à donner aux individus les outils et l’autonomie pour penser leurs propres solutions. Il prône une société bâtie sur une participation radicale et égalitaire, où le débat démocratique ne se limite pas au vote mais devient un processus organisé. L’objectif ultime, presque provocateur, serait que la société devienne si juste et inclusive que le travail social finisse par s’amenuiser faute de nécessité.
